Psychanalyste à Saint Fons (Rhône, 69)

 

Pierre Bourdariat, psychanalyste,                                                   Le 4/11/2013
 
 
Voici l’ouverture de ce site dans lequel je voudrais parler de la psychanalyse, du psychodrame, et de ma pratique en somme, à travers des textes et des exposés, tout interlocuteur pouvant réagir, en me faisant part de ses réactions, critiques ou remarques associatives pour lui dans sa pratique et ses élaborations. Le meilleur moyen étant de correspondre par mail, reportez-vous à la fenêtre Contact. 
 
En tous cas, je dépose, … en somme une première pierre à ce site, ces deux textes qui font compte-rendu de deux œuvres récentes, bien différentes certes, qui sont au cœur de la ‘découverte’ freudienne, et de ses suites immédiates, jusqu’à 1915. Bien sûr, à cette date Freud n’a pas fini de dire ce qu’il a à dire. Sans fin jusqu’à la fin il ira.
 
1) Paru dans la revue de la SPF en 2011 (à vérifier), une présentation du film de David Cronenberg, « A dangerous method », ou –pourrions-nous dire : les mésaventures de
Sabina Spielrein, entre Freud et Jung, attrapée par ce dernier qui su temps à ‘avouer’ à Freud ce qui lui était arrivé = 
 
Et maintenant, du cinéma ! Avec : « Une Méthode Dangereuse », de David Cronenberg. 
 
La question du passage de l’hypnose à la libre association comme méthode de base est là, ainsi que l’affirmation du transfert comme nerf essentiel de la cure analytique. Où nous voyons comment Freud a noué : hypnose, état amoureux et fusion dans (et par) la foule. L’identification au chef mise à jour comme aliénation essentielle du sujet. Le ‘chef’ pouvant  être aussi bien l’analyste.
 
 2) Dans un tout autre ordre, un article (déc. 2012, ds. Les Lettres de la SPF) sur le livre de André Bolzinger, psychanalyste grenoblois, paru aux éditions Campagne Première, en octobre 2012) = Portrait de Sigmund Freud, Trésors d’une correspondance. 
 
Portrait où l’on voit que Freud est ‘un homme comme les autres’, —certes, doublé d’un homme de science dans le bon et fort sens du mot, épris de connaissance du monde, un homme doué d’amour et d’amitié indéfectibles pour ses proches, pour son entourage et ses collègues. Sans complaisance. Ce qui ne l’empêchera pas d’être un père un peu pesant sur ses enfants, Anna en particulier, et Mathilde. Il y a de la prééminence paternelle et masculine chez lui. Cela demanderait beaucoup de développements. 
 
Mais je voudrais citer ce qu’il déclare à l’un de ses camarades d’études, quand il a 17 ans. C'est une profession de foi extraordinaire dans les sciences de la nature, les sciences d’observation, — que l’on pourrait dire reprise par Jacques Lacan condensant ce qu’est le travail de la science, le travail de la pensée, et celui de l’analyste « Le temps de voir, le temps de comprendre, le temps de conclure. »— le jeune Freud écrivait donc à son camarade :
 
«Ne serez-vous pas déçu si je soulève le voile ? Eh bien voilà : j’ai décidé de devenir chercheur dans les science de la nature (…) Je jetterai les yeux sur les archives millénaires de la nature, je serai même témoins de ces processus éternels et partagerai mon acquis avec tous ceux qui veulent aussi apprendre. » Citation rencontrée avec bonheur dans le livre de Edmundo Gomez Mango et J.B Pontalis, Freud avec les écrivains, (Gallimard, 2012) page 49.
L’inconscient n’est pas encore très loin, germes. (Ceci dans le chapitre, « Avec Goethe : les libérateurs. ») 
 
3) Et voici un texte de Freud, insuffisamment connu, de 1915, qui n’avait pas été repris dans ses premières œuvres complètes : « Personnages psychopathiques sur la scène. » Où l’on verra que Freud ‘avait vu’ le psychodrame à venir.
 
4) Introduisons la question du psychodrame et de ses liens avec le théâtre et la psychanalyse : il faudra à ce sujet introduire un certains nombres de textes de la Sept (Sté. d'études du psychodrame pratique et théorique): en particulier un texte de Serge Gaudé intitulé : « Le psychodrame freudien, entre théâtre et psychanalyse. », paru dans la Revue du Psychodrame Freudien, 4è trim. 1977. Ainsi que d’autres tout à fait importants. Ainsi que d'autres de Paul et Gennie Lemoine.
J'ai pour ma part repris cette question du psychodrame "entre théâtre et psychanalyse dans la postface à l’édition d'une pièce de Goethe, Lila, édité par La Cause des Livres, parue en janvier 2013. 
 
5) Il y a une question très cruciale dans la pratique du psychodrame à savoir : quelle réalité de soi joue-t-on ? Est-ce que l'on joue des scènes imaginées, est-ce que l'on construit des scénarios imaginaires ou bien est-ce que l'on joue des scènes de sa vie ? Nous répondons, que comme dans notre adresse à un psychanalyste, nous venons en psychodrame apporter des situations de notre vie qui nous posent des problèmes, par lesquelles des conflits sont récurrents, comme les répétitions, etc., situations que nous allons explorer par le jeu. Il nous semble que la formulation la plus condensée et la plus parlante pour distinguer psychodrame et psychanalyse est la suivante : en psychanalyse la "carte forcée" est le signifiant verbal, en psychodrame c'est le jeu, la représentation scénique.
C'est ainsi que j'écrivais une présentation pour introduire une journée d’études en mars 2011 sur ‘La Maltraitance’, assez proche de cette postface : « Quelle réalité joue-t-on en psychodrame ? »
 
6) Enfin dans ce même fil, il faut signaler un petit livre rescent vraiment intéressant, intitulé : Éloge du théâtre, de Alain Badiou (avec Nicolas Truong) aux éditions Flammarion en 2013. Nous y lisons l’importance de la ‘représentation’, laquelle ne se constitue que d’un après-coup. Il parle du lieu et de l’événement, de la représentation d’une très belle façon.  
 
Voilà. Je m’arrête là pour aujourd’hui.
 
Pierre Bourdariat